La mouche de l'olive
Comment la reconnaitre et s'en débarrasser
Célia Gratraud
6/2/20264 min read


Qui est-elle ?
La mouche de l'olive, de son petit nom Bactrocera oleae est un diptère de la famille des Tephritidae. Adulte, elle mesure 4 à 5 mm, avec un corps brun-orangé, des ailes transparentes légèrement irisées et une tache sombre à leur extrémité (petite la tache !). Elle a aussi de beaux yeux verts ! On distingue la femelle du mâle, car elle a un abdomen plus large et elle possède au bout de l'abdomen un tube qui lui permet de déposer ses oeufs dans les olives.
C'est l'un des ravageurs les plus dommageables de l'oleiculture mondiale, présent dans tout le bassin méditerranéen, en Afrique subsaharienne et jusqu'en Californie.
Cycle biologique : comprendre pour mieux agir
La mouche peut faire 3 à 5 générations par an selon les conditions climatiques. Le cycle se déroule ainsi :
Stade Période Ce qui se passe Hivernage Décembre – Mars Pupes dans le sol, adultes en dormance sur végétation Reprise d'activité Avril – Mai Les adultes émergent avec la remontée des températures 1re ponte Juin – Juillet Dès que les olives atteignent 8-10 mm, la femelle pique Générations estivales Juillet – Septembre Multiplication rapide si T° entre 20 et 30 °C Générations automnales Septembre – Novembre La plus dévastatrice, coïncide avec le grossissement des fruits
Une génération dure environ 1 mois en été, 1.5 mois en automne
Point clé : Les températures supérieures à 35 °C ralentissent fortement la reproduction. Les étés très chauds limitent naturellement les dégâts, contrairement aux étés frais et humides qui favorisent l'explosion des populations.
Dégâts : ce que l'on observe sur les fruits
La femelle pique l'olive pour y déposer un œuf. La larve éclot en 2 à 3 jours et creuse une galerie dans la pulpe. Les conséquences sont multiples :
Chute prématurée des olives trouées
Fermentation de la pulpe autour des galeries → forte augmentation de l'acidité de l'huile, déclassement en huile vierge
Portes d'entrée pour les champignons secondaires (Colletotrichum, Botryosphaeria, dalmaticose)
Perte de rendement de 20 à 80 % selon l'intensité de l'attaque et la variété
Surveillance : la clé d'une lutte raisonnée
Agir sans surveiller, c'est traiter à l'aveugle. Mettez en place un réseau de pièges de suivi dès le mois de juin :
Types de pièges :
Pièges chromatiques et sexuels : capturent les mâles grâce à une phéromone sexuelle mais aussi les femelles grâce à la couleur jaune
Pièges alimentaires (contenant du phosphate diammonique) : capturent surtout les femelles en période sèche
Ces pièges permettent de savoir quand la mouche est là, à quel stade elle est et la quantité présente dans le verger.
Stratégie de lutte : approche intégrée
La lutte contre Bactrocera oleae est plus efficace quand elle combine plusieurs leviers. Voici comment les articuler :
🌿 Lutte culturale (prévention)
Récolte précoce : récolter avant la pleine maturité réduit la fenêtre d'exposition. Une récolte mi-véraison limite fortement les dégâts de la génération automnale.
Taille aérante : une canopée aérée et lumineuse est moins favorable au développement des populations.
🧪 Lutte biologique et physique
Kaolin (argile blanche) : appliqué en pulvérisation sur les fruits, il forme un film répulsif physique qui perturbe la ponte. Efficace en préventif, à renouveler après les pluies ou le grossissement du fruit. Homologué en agriculture biologique. Possible pour les particuliers
Spinosad : insecticide naturel issu de fermentation bactérienne. Utilisé en appât alimentaire localisé (1 rangée sur 2, 1 face de l'arbre). Homologué AB. Attention aux abeilles !
Piégeage de masse : en oliveraie isolée ou en petite surface, des pièges à attractif alimentaire en grande densité peuvent réduire les populations. Possible pour les particuliers avec des bouteilles pièges alimentaires. Attention : limité en cas de forte population.
⚗️ Lutte chimique raisonnée
Lambda-cyhalothrine : pyréthrinoïde de contact, délai avant récolte à respecter impérativement. Pour les professionnels
Deltamethrine : produit de contact, respecter les bonnes pratiques agricoles. Pour les professionnels.
Toujours intervenir le matin tôt ou en soirée pour préserver les auxiliaires (abeilles, parasitoïdes).
⚠️ Ne jamais traiter sans vérifier l'étiquette.
Intervenir dès le mois de juin, garantit un été tranquille et un automne acceptable !





